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9 juillet 1999
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COMMENTAIRES SUR LES RESULTATS DU RECENSEMENT
A PARIS
LINSEE a annoncé le 6 juillet dernier les premiers résultats du recensement général de la population qui sest déroulé au printemps dernier.
Pour Paris, les chiffres annoncés donnent une population de
2 116 502 habitants en baisse de 36 371 habitants par rapport à 1990.En première approche ces chiffres montrent le maintien du phénomène de baisse ralentie de la population enregistré dès 1982. En ce sens, il marque une nette amélioration par rapport au rythme du déclin démographique enregistré par Paris entre lAprès-Guerre et la fin des années 70. Paris résiste dailleurs bien mieux que des grandes communes de lIle de France.
Néanmoins, plus en détail, le chiffre annoncé par lINSEE paraît sujet à caution pour de nombreux arrondissements. Il a en effet été extrêmement difficile de mener dans des conditions de rigueur satisfaisantes ce recensement du fait de nombreux obstacles apparus tout au long du processus de collecte des bulletins tant de logements quindividuels.
Tout dabord, il paraît manifeste que lINSEE a sous-estimé la difficulté des opérations. Paris connaît une densification sans commune mesure avec les autres villes de France et les moyens déployés, notamment au niveau de lencadrement, même si celui-ci a été renforcé par rapport au reste des grandes villes, nont peut-être pas été suffisants. Il sest ainsi avéré lors des phases de vérification des opérations menées par les contrôleurs placés sous lautorité de la Ville que de nombreux secteurs avaient été insuffisamment visités. Des opérations ciblées de relance, organisées par la Ville, ont permis, mais sans doute que partiellement, de comptabiliser de nombreux habitants supplémentaires. Les secrétaires généraux des mairies darrondissement et notamment le 18ème arrondissement, ont dailleurs dans certains cas, refusé de valider les résultats ou les ont accompagnés de nombreuses observations.
Dans ces conditions, le Maire de Paris va demander à lINSEE de fournir une analyse détaillée des conclusions auxquelles cet organisme est parvenu et lorsque des anomalies seront confirmées de mettre en place avec le concours des services municipaux les moyens supplémentaires nécessaires pour effectuer la juste réintégration des parisiennes et des parisiens oubliés par le Recensement.
En létat actuel, la Ville de Paris ne peut entériner les résultats provisoires annoncés le 6 juillet dernier par lINSEE.
LES BUDGETS MODIFICATIFS
DE LA VILLE ET DU DEPARTEMENT POUR 1999
Je souhaite vous présenter brièvement les budgets modificatifs de la Ville et du Département de Paris, qui seront soumis le 12 juillet prochain au vote du Conseil de Paris.
Vous me permettrez de souligner avant tout la constance de laction que je mène en la matière depuis le début de ma mandature. Les projets qui sont aujourdhui présentés relèvent de la même approche que celle retenue lannée dernière pour les budgets modificatifs adoptés en juillet 98 : les mêmes causes -en loccurence, des recettes budgétaires supplémentaires- permettront de produire les mêmes effets bénéfiques : la poursuite dune politique volontariste dinvestissement au profit des Parisiens et laccélération du désendettement de la Ville.
Les recettes supplémentaires représentent, au titre de la commune et du département, 1,7 milliard de Francs.
Ces recettes sont, je le souligne, le fruit de la politique que nous avons engagée.
En effet, ce nest que parce que nous avons su mener une gestion saine de nos finances que nous pouvons aujoudhui enregistrer un report de lexcédent cumulé de lexercice 1998.
Par ailleurs, la reprise du marché immobilier dans la capitale a permis de réévaluer les recettes attendues de près de 350 MF, dont 250 MF pour les seuls droits de mutation. Cette reprise confirme, si besoin était, la justesse de notre politique ; nous avons ainsi engagé, dans la ZAC Paris Rive Gauche, des programmes de bureaux adaptés aux exigences modernes, quand nous favorisons parallèlement la transformation de bureaux vacants, parce quobsolètes, en logements.
Au total, je vous lai dit, nous pouvons aujourdhui escompter une recette supplémentaire de 1,7 milliard de Francs.
Cette somme, à quoi lemploierons-nous ?
Jentends, ici ou là, certains demander plus de remboursement demprunt ou plus dinvestissement supplémentaire. Il sagit dailleurs parfois -et lon peut sen étonner- des mêmes personnes.
Cest au contraire à lapproche équilibrée qui a été retenue lannée dernière, à laquelle je propose de souscrire à nouveau, en réservant 850 MF pour des investissements supplémentaires et en procédant à 600 MF de remboursement anticipé demprunt.
Une part majeure de lexcédent cumulé, soit 400 millions de francs par la Ville et 200 millions de francs par le Département, sera affecté au remboursement anticipé demprunt.
Cette opération sinscrit dans notre politique financière traditionnelle.
Ce projet prévoit également dutiliser cette recette pour donner une impulsion complémentaire à notre politique dinvestissement.
Cest ainsi que près de 850 MF dautorisations de programme nouvelles seront créées.
Les 850 MF dinvestissements nouveaux devraient être polarisés autour de quelques grandes priorités municipales.
Ces actions nouvelles ou complémentaires peuvent être regroupées autour de plusieurs domaines :
-laction scolaire
-la voirie
-la jeunesse et les sports
-le patrimoine et larchitecture
-la logistique, les télécommunications et linformatique
-les parcs, jardins et espaces verts
Je citerai en particulier des actions importantes :
1. Dans le domaine scolaire, le pôle dexcellence que constitue lESPCI en faveur duquel il est proposé un programme de rénovation ambitieux, ainsi que léquipement Internet de toutes les écoles parisiennes.
2. Le développement des quartiers tranquilles, laménagement des quais hauts rive gauche, dans le cadre du Plan SEINE, laccélération du programme daménagement des couloirs de bus, lextension de la collecte sélective.
Dune manière plus générale, une attention toute particulière sera portée à lentretien des équipements de proximité, que ce soit les écoles ou les crèches.
Sagissant de la sécurité qui constitue, avec lenvironnement, un thème majeur, il est proposé de procéder au recrutement de 130 inspecteurs de sécurité supplémentaires, 139 autres devant être recrutés lannée prochaine. Ceci contraste avec labsence dengagement pris par le gouvernement en matière de recrutement de policiers dans la capitale.
Par ailleurs, 22,2 MF sont prévus au titre du fonctionnement des services.
Parmi les autres mesures significatives du budget modificatif, il convient de mentionner le complément de 40 MF au budget du Centre dAction Sociale. Ces crédits sont particulièrement nécessaires du fait de lévolution des dépenses dallocations versées par cet établissement public communal, particulièrement dans le domaine de laide aux familles.
Sagissant du budget du Département, les crédits affectés à la DASES croîtront de plus de 300 MF avec, notamment, une inscription de 120 MF au titre du RMI et une prévision de 100 MF au titre de laide médicale.
Toujours au titre du Département, les prévisions relatives à lindemnité compensatrice effectuées en début dannée ainsi que la bonne tenue des recettes annoncée par la RATP, autorisent une diminution de 34 MF de linscription à ce titre.
Ainsi, le présent budget modificatif sinscrit dans le droit fil de la stratégie financière que je conduis : fournir une offre de service de qualité aux Parisiens tout en contenant la pression fiscale, poursuivre une politique dinvestissement volontariste sans endettement excessif et sans obérer lavenir.
DIMPORTANTS PROJETS DURBANISME
Lordre du jour du prochain Conseil de Paris sera également très largement consacré à lurbanisme et je souhaitais vous présenter les grandes lignes de ces projets de délibérations.
Tous se situent dans le cadre de la politique durbanisme que jai souhaité pour Paris et des priorités qui sont les miennes depuis plusieurs années :
Un urbanisme nouveau, qui respecte Paris, son patrimoine et ses villages, ses quartiers et ses habitants.
Un urbanisme qui met en oeuvre une réflexion commune des choix à
entreprendre : élus, habitants, riverains, associations, sexpriment aujourdhui à travers une concertation que jai souhaité la plus large possible.Un urbanisme qui permet de lutter contre la dégradation de certains quartiers, lhabitat insalubre et ses conséquences souvent très lourdes.
Un urbanisme qui redonne la ville à ses habitants, leur offre un cadre de vie à léchelle humaine et qui prend en compte aussi leurs besoins en équipements.
Les premières réalisations sont là, jai eu loccasion de vous les présenter et les projets avancent.
Le Conseil de Paris sera saisi de deux projets de modifications de plans daménagement de zone : Didot (14ème) et Réunion (20ème).
Ces modifications illustrent parfaitement mes propos. Elles sont le fruit dune large concertation et expriment la concrétisation des nouvelles orientations souhaitées pour chacun de ces projets.
A Didot, le projet a évolué vers des aménagements moins denses, de hauteur plus modérée, avec la création dun jardin public et dinstallations sportives couvertes, plus adaptées aux besoins du quartier.
Des bâtiments, voués dans un premier temps à la démolition, seront ainsi réhabilités et je citerai, à cet égard, ce grand bâtiment de six étages, appelé " Château Ouvrier ", si significatif de la mémoire des lieux.
A la Réunion, la modification du plan daménagement de zone prend également en compte des demandes bien spécifiques qui amèneront la Ville de Paris à engager des moyens financiers supplémentaires importants.
- le nombre déquipements publics sera augmenté : une nouvelle école sera
aménagée, une bibliothèque municipale destinée aux jeunes sera créée, le jardin
public sera étendu,- de nombreux bâtiments seront réhabilités,
- le programme de logements sera repensé. Les constructions neuves seront plus
modérées afin déviter une densité trop importante du quartier et de respecter sa
cohérence.Le Conseil de Paris sera également saisi de six délibérations se situant dans la continuité de laction que jai souhaité entreprendre en matière de résorption de lhabitat insalubre.
Cette série de délibérations, prises en application de la loi Vivien, vise à la suppression de linsalubrité des 136 immeubles vétustes et insalubres recensés en novembre 1995.
Je vous rappelle que je me suis engagé sur ce point à mettre en oeuvre toutes les procédures avant la fin de lannée 2000.
Je voudrais également attirer votre attention sur laction qui va être entreprise par la Ville pour lutter contre le problème des copropriétés dégradées sur lensemble du territoire parisien en confiant, par appel doffres, une mission de syndic social à un organisme spécialisé. Je vous invite sur ce point à consulter les éléments qui vous ont été remis.
Rendre la piscine Molitor aux Parisiens me semble également laboutissement dun projet qui a permis aux riverains de sassocier au devenir et à la rénovation dun équipement emblématique des années 30.
En 1989, la piscine avait dû être fermée au public. Depuis sa fermeture, différents projets daménagement avaient été présentés. En 1990, lédifice fut inscrit à linventaire supplémentaire des Monuments Historiques.
Aujourdhui, je suis satisfait quun projet concerté puisse être présenté au Conseil de Paris. Ce nouveau programme permet la reconstruction et la réhabilitation partielle de la piscine qui pourra être utilisée toute lannée grâce à un dispositif de couverture mobile. Il comprend également des aménagements privés : deux hôtels, des logements et deux parkings.
Enfin, je voudrais attirer votre attention sur le problème du financement des missions locales parisiennes pour lemploi, qui sont aujourdhui confrontées à des difficultés de financement. On constate une augmentation très significative du nombre de jeunes quelles suivent et un accroissement de leurs missions. Or, le montant des dotations allouées par lEtat, qui ne respecte pas le principe de la parité, est insuffisant. La Ville de Paris compensera ces disparités en proposant dinscrire au budget modificatif du département une dotation supplémentaire de 1,2 MF.
Le Département de Paris souhaite ainsi inciter lEtat à réévaluer très rapidement ces dotations pour retrouver le principe de paritarisme qui devrait présider au financement courant des Missions Locales, dont laction en faveur de linsertion professionnelle des jeunes est une véritable priorité pour la Ville de Paris.
Voilà les sujets que je voulais aborder devant vous aujourdhui et je demeure à votre disposition pour répondre à toutes les questions.