2011 V. 43 Vœu relatif à l’attribution à M. Jafar PANAHI de la Citoyenneté d’Honneur de la Ville de Paris.

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Délibération affichée à l’Hôtel-de-Ville

et transmise au représentant de l’Etat le 18 février 2011.

Reçue par le représentant de l’Etat le 18 février 2011.

 

Le Conseil de Paris, siégeant en formation de Conseil municipal,

Le 20 décembre 2010, le cinéaste et réalisateur iranien Jafar PANAHI a été condamné à six ans de prison pour “participation à des rassemblements et pour propagande contre le régime”. Il lui est interdit de réaliser des films ou de quitter le pays pendant vingt ans. La détention après un procès arbitraire de Jafar PANAHI, cinéaste de renommée mondiale et artiste de grand talent, fait de lui un symbole du combat courageux du peuple iranien pour la liberté d’expression, le pluralisme politique et le respect de ses droits fondamentaux.

Jafar PANAHI, né en 1960, grande figure du cinéma de la “nouvelle vague iranienne”, a reçu plusieurs distinctions internationales majeures pour ses œuvres : son premier long métrage Le Ballon blanc a remporté en 1995 la Caméra d’Or au festival de Cannes. En 1997, son film Le Miroir a obtenu le Léopard d’Or au Festival de Locarno. Le Cercle a obtenu le Lion d’Or au Festival de Venise en 2000. Sang et or a reçu un prix du Jury à Cannes en 2003. Hors-jeu a été distingué en 2006 par un Ours d’argent au Festival de Berlin.

Depuis la révolution islamique de 1979, le cinéma étant devenu un des principaux moyens de critiquer publiquement la persistance des inégalités sociales et la restriction progressive des libertés individuelles, la censure s’est faite de plus en plus rigoureuse, obligeant Jafar PANAHI à tourner clandestinement. Deux de ses films ont été interdits en Iran.

Après la réélection contestée de Mahmoud AHMADINEJAD à la présidence de la République, en juin 2009, Jafar PANAHI a participé à plusieurs manifestations populaires et pacifiques en faveur de la démocratie et pour les Droits de l’Homme. Le régime a resserré son étau sur lui. Le 30 juillet 2009, il a été détenu pendant quelques jours pour avoir assisté à une cérémonie à la mémoire d’une jeune femme victime de la répression des manifestations à Téhéran. Libéré, il a arboré au Festival de Montréal une écharpe verte, signe de ralliement de l’opposition connue sous le nom de “mouvement vert”. En février 2010, le pouvoir islamique lui a interdit de se rendre au Festival de Berlin dont il était l’invité d’honneur. La même année, il avait également été invité comme membre du Jury à Cannes, où une chaise à son intention était restée symboliquement vide pendant toute la durée du Festival.

Sur la proposition de M. Pierre SCHAPIRA, au nom de l’Exécutif, et à l’initiative de M. Jean-François LAMOUR et du groupe UMPPA,

Emet le voeu :

Que la dignité de Citoyen d’Honneur de la Ville de Paris soit attribuée à M. Jafar PANAHI.