79 - 2009, Vœu déposé par le groupe "Les Verts" relatif demandant la nomination de MM. Alberto PIZANGO CHOTA et Santiago MANUIN VALERA comme citoyens d’honneur de la Ville de Paris. Vœu déposé par l'Exécutif.

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M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Nous passons maintenant à l’examen des vœux référencés n os 53 et 53 bis dans le fascicule, déposés par le groupe "Les Verts" et l'Exécutif, relatifs à la nomination de MM. PIZANGO CHOTA et MANUIN VALERA comme citoyens d’honneur.

Pour ce faire, je donne la parole à Sylvain GAREL, pour une minute.

M. Sylvain GAREL. - Merci, Monsieur le Maire.

Au printemps dernier, se sont déroulés des événements très graves au Pérou. Beaucoup d'indigènes, scandalisés par une loi qui permettait aux multinationales  d'exploiter leurs terres et de détruire la biodiversité, se sont révoltés et, pour l'une des premières fois en Amérique latine, ont mené un mouvement extrêmement dur et extrêmement fort contre à la fois ces multinationales et le Gouvernement d'Alan GARCIA.

Au Pérou, se sont déroulés donc des manifestations et puis, malheureusement au mois de juin, le 5 juin, des affrontements qui ont été très violents, puisqu'à la fin on a dénombré 33 morts et près de 200 blessés dans les affrontements entre la police et les indigènes péruviens.

Ces indigènes protestaient pour, je l’ai dit, empêcher que leurs terres soient livrées aux multinationales et qu'ils soient chassés encore plus qu’ils ne l’ont été de leurs territoires. Ces territoires qui sont très importants pour nous, quand je dis nous, c'est le humanité, puisqu'il s'agit de la forêt amazonienne, et vous savez que cette forêt amazonienne, tant en termes de protection de la biodiversité qu'en termes de poumon de la planète, est absolument fondamentale et qu’il est nécessaire de la défendre par tous les moyens.

Alors, nous avons appris que parmi les gens qui avaient mené ce combat, deux d'entre eux étaient dans une situation particulièrement délicate : il s'agit de Santiago MANUIN VALERA qui a été blessé lors des affrontements et qui a été emmené à l’hôpital entre la vie et la mort, et dont on sait aujourd’hui qu’il va heureusement survivre à ses blessures, mais il était très grièvement blessé, et Alberto PIZANGO CHOTA, qui était le leader de ce mouvement et qui lui a été obligé, avec deux de ses camarades, de s’enfuir au Nicaragua pour ne pas être arrêté par la police.

Nous souhaitons donc attirer l'attention en France, parce que c'est un dossier mal connu, et aussi au niveau international, en faisant en sorte que ces deux personnes, qui sont vraiment des dirigeants exemplaires des luttes indigènes en Amérique latine, deviennent des citoyens d'honneur de la Ville de Paris.

Je vous remercie.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Je donne la parole à Pierre SCHAPIRA.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Merci, Monsieur le Maire.

Ecoutez, j'ai bien suivi ce que nous a dit le Président du groupe "Les Verts". Nous avons réuni la commission ad hoc, nous avons discuté, nous avons échangé.

Et puis, c'est vrai qu'il y a un certain nombre de choses qui ne nous laissent pas insensibles, notamment en matière environnementale, en matière sociale et ce qui s'est passé au Pérou.

D'ailleurs, je dois remarquer que la Ville de Paris s’est engagée, notamment pour la cause des peuples indigènes avec le soutien que l'on a apporté au mouvement des Sans Terre pour leur 25e anniversaire ; c'était Place des Innocents, il y a trois semaines.

Et nous nous sommes engagés dans la lutte contre la déforestation. D'abord, parce que nous avons des projets de reforestation, qui sont contestés par un certain nombre de nos collègues ici, mais ils existent - je veux parler du Cameroun et d'Haïti - et que nous faisons une exposition ici sur la déforestation, que je vous invite à voir, l'exposition Rainforest qui est dans le salon d'accueil.

Nous avons estimé que cela ne méritait pas d'avoir le titre de citoyen d'honneur. C'est pour cela que je suis opposé à votre proposition, mais en revanche nous devons suivre ce qui se passe, notamment au Pérou concernant Alberto PIZANGO CHOTA et VALERA, en demandant au Maire de Paris d'écrire aux responsables du Pérou et demander à ce qu’une délégation du Conseil de Paris soit reçue par l'ambassadeur du Pérou. C’est l’objet du vœu de l'Exécutif.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Merci.

Explication de vote. Allez-y.

M. Sylvain GAREL. - Monsieur le Maire, je suis vraiment déçu de la réponse de l'Exécutif, parce que c'était la première fois que notre Assemblée avait à se prononcer sur un soutien réellement fort, et marquant aux luttes indigènes en Amérique latine. On trouve que ces deux personnes ne sont pas dignes d'être des citoyens d'honneur de la Ville de Paris. Je le regrette amèrement.

Je vais retirer mon vœu parce que je ne veux pas d’un vote négatif qui pourrait être utilisé par les gens qui se battent contre ces personnes, mais je trouve que notre Municipalité se serait honorée en étant aux côtés des indigènes du Pérou.

(Applaudissements sur les bancs du groupe "Les Verts").

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Je vous remercie.

Donc, le vœu n° 53 est retiré.

Le vœu n° 53 bis de l'Exécutif est maintenu ? Il est maintenu.

M. Jean-François LAMOUR. - Monsieur le Président ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Allez-y, Monsieur LAMOUR, vous avez la parole pour une explication de vote.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Président.

Il semble qu’il y ait un problème, une vraie interrogation, c’est que l’une de ces deux personnes soit peut-être recherchée par Interpol. Est-ce que oui ou non on peut savoir ce qu’il en est avant de voter, y compris le vœu de l'Exécutif. Car tout cela est tout de même du grand n’importe quoi.

C’est du grand n’importe quoi qu’on arrive en Conseil de Paris avec des propositions de personnalités qui sont recherchées par Interpol ! C'est ce que l'on nous dit. Si c’est le cas, franchement essayez de revoir votre copie avant de nous présenter des dossiers comme cela. Sincèrement.

(Applaudissements sur les bancs des groupes U.M.P.P.A. et Centre et Indépendants).

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur SCHAPIRA, je ne veux pas vous mettre dans l'embarras. On en reste à cela.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Après avoir entendu l'inspecteur LAMOUR sur Interpol… Si c'est le cas, s'il y a un doute, honnêtement, moi, j'ai fait des recherches, je vous le dis très sincèrement, et nulle part je n'ai vu cela. Leur combat est juste. Je n’ai jamais vu quelque part écrit qu'ils étaient recherchés par Interpol. Si vous avez la preuve, vous me la montrez.

Dans le doute, et évidemment pour ne pas se décrédibiliser, je propose que nous le reportions à la fois prochaine.

M. Sylvain GAREL. - Non !

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Attendez. Si vous avez une preuve ici...

M. Jean-François LAMOUR. - Non.

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Moi, je ne l’ai vu nulle part.

M. Jean-François LAMOUR. - Monsieur le Président ?

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Allez-y, Monsieur LAMOUR.

M. Jean-François LAMOUR. - Merci, Monsieur le Président.

Il semble que grâce aux branchements prévus par le Conseil de Paris, nous sommes connectés sur Internet. Il semble effectivement qu'il y ait des informations dans ce sens.

Par prudence, pour tout le monde, sur tous les bancs de cette Assemblée, si nous pouvions retarder d'une façon ou d'une autre les décisions qui sont prises, ce serait vraiment bien, en particulier pour l'image que donne la Ville de Paris dans ce cas-là.

Merci.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Monsieur SCHAPIRA, vous maintenez le vœu de l'Exécutif ?

M. Pierre SCHAPIRA, adjoint. - Je dis mon embarras. Je n'ai vu nulle part. Lisez-le, montrez-moi, mais très honnêtement, je serais plutôt pour le voter.

M. Jean VUILLERMOZ, adjoint, président. - Bien. Nous le votons.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de vœu déposé par l'Exécutif.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de vœu est adopté. (2009, V. 338).