16 - 2010, DASES 488 G - Subvention à l’association la Bagagerie d’Antigel (15e). Montant : 10.000 euros.

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M. Christian SAUTTER, président. - Nous passons à l’examen du projet de délibération DASES 488 G relatif à l’attribution d’une subvention de 10.000 euros à l’association “La bagagerie d’Antigel”, dans le 15e arrondissement.

La parole est à M. ALAYRAC.

M. Gilles ALAYRAC. - Merci, Monsieur le Président.

Mes chers collègues, nous l’avons rappelé hier, lors du débat relatif aux orientations budgétaires, face à la crise durable et à ses conséquences sur la population, en particulier la plus vulnérable, la solidarité est plus que jamais un devoir absolu. Aussi nous ne pouvons qu’approuver qu’elle soit un axe majeur de l’action de notre Municipalité, comme en témoignent le volume et la progression du budget qui lui est consacré depuis 2001.

C’est l’ensemble du territoire parisien qui est concerné par la problématique du logement et même de l’absence de logements. Hélas, la pauvreté ne se concentre pas uniquement sur certains quartiers. L’Ouest de Paris, le Sud, le 15e arrondissement la connaissent également.

Voilà maintenant dix ans qu’une association paroissiale intervient dans les quartiers du 15e arrondissement pour venir en aide aux sans domicile fixe à travers des maraudes. Elle a souhaité cette année franchir une étape dans son action altruiste, en nous faisant part de sa volonté d’offrir aux SDF une bagagerie, comme il en existe déjà une aux Halles. Cet endroit doit leur permettre de disposer d’un espace privé, dans lequel ils pourront déposer leurs effets personnels et bénéficier d’une assistance.

Car sans bagage, celui qui vit à la rue peut accomplir des démarches, notamment en voie de sa réinsertion professionnelle. Il doit aussi pouvoir mettre en sécurité ses effets personnels, parce que la rue constitue un milieu hostile quand elle n’est pas dangereuse.

Quand l’association “Antigel” personnellement m’a fait part de son projet, plusieurs de ses objectifs m’ont convaincu. D’abord, bien sûr, le fondement humaniste de cette démarche était tout à fait intéressant, mais j’ai aussi relevé deux aspects que je voudrais aborder.

D’abord, l’accueil de la bagagerie se fera à destination de personnes en voie de réinsertion sociale, qui sont donc orientées par d’autres structures comme la Croix-Rouge. Ensuite, le fonctionnement de “La bagagerie Antigel” reposera à la fois sur des bénévoles logés mais aussi sur des bénévoles sans logement.

Nous avons donc inauguré un local rue Lecourbe, en plein cœur du 15e arrondissement, le 6 octobre dernier, avec vous, Madame TROSTIANSKY, et c’est la S.G.I.M. qui a accepté de louer un rez-de-chaussée d’un de ses immeubles.

Certes, il a été nécessaire qu’élus et l’association porteuse “La bagagerie Antigel” accomplissent un travail d’information et d’explication auprès des riverains, qui concevaient un certain nombre d’inquiétudes. Je pense y avoir pris aussi ma part. Mais je crois aujourd’hui que tout le monde est rassuré et convaincu de la légitimité de cette structure créatrice de lien social.

Maintenant “Antigel” va poursuivre son travail, en accueillant, en orientant, en conseillant aussi quotidiennement plus de cinquante sans domicile fixe.

Aussi, notre groupe est particulièrement fier que la Ville de Paris apporte cette première subvention pour aider au démarrage de cette généreuse initiative.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci, Monsieur ALAYRAC.

Je donne la parole à Mme Olga TROSTIANSKY.

Mme Olga TROSTIANSKY, vice-présidente, au nom de la 6e Commission. - Monsieur le Président, je voulais d’abord redire que je partage entièrement l’analyse de M. ALAYRAC sur le fait que l’exclusion et la pauvreté ne concernent pas uniquement certains arrondissements. L’Ouest parisien n’est pas épargné et c’est pourquoi nous encourageons vivement la création de dispositifs, comme les centres d’hébergement ou des lieux d’accueil destinés aux plus démunis également dans l’Ouest parisien.

En effet, que nous montrent deux documents extrêmement intéressants réalisés récemment par l’A.P.U.R. ? Une étude sur l’aide alimentaire et une carte d’hébergement. C’est que Paris est clairement coupé en deux, concentrant la très large majorité des équipements dans le Sud-Est et le Nord-Est parisien.

Or, les structures de proximité constituent une réponse bien adaptée aux personnes qui vivent dans la rue. Nous en avons encore fait la preuve avec l’ouverture des restaurants solidaires, dont l’implantation dans cinq arrondissements permet notamment à des familles à l’hôtel de bénéficier d’une restauration de qualité, proche de leur lieu de vie et sans traverser tout Paris.

Sur ce projet, en s’adressant à des usagers du 15e arrondissement et des 3 arrondissements limitrophes, 13e, 14e et 6e arrondissements, “La bagagerie Antigel” s’inscrit dans cette logique de proximité.

Un autre aspect de son projet est gage de réussite, puisque l’association s’inscrit dans un travail partenarial avec les autres acteurs sociaux. Lors de l’inauguration, à laquelle j’ai participé en compagnie des élus du 15e arrondissement, Mme Anne HIDALGO, M. Gilles ALAYRAC et M. José BAGDAD, j’ai pu constater la très grande motivation des bénévoles, les ADF, avec domicile fixe, et les SDF, sans domicile fixe.

Ce mode de fonctionnement a fait ses preuves à “La bagagerie” des Halles et je ne doute pas qu’il en sera de même pour “Antigel” à qui je souhaite une pleine réussite.

M. Christian SAUTTER, président. - Merci. Nous partageons tous ces vœux.

Je mets aux voix, à main levée, le projet de délibération DASES 488 G.

Qui est pour ?

Contre ?

Abstentions ?

Le projet de délibération est adopté à l’unanimité. (2010, DASES 488 G).